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Ecce Bestia avec F.Tonniac
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De ce grain de sable au milieu des mots Ou de folie, jamais ne renaîtront les idéaux Et qu'importe, à l'heure des fuites Tu ne t'assignes plus de construire Les pierres de ta mémoire sont descellées Et rodent, désormais, au milieu des ruines Les fantômes de tes éphémères inconsciences Tes renoncements cupides et tes trahisons Ton image valait-elle tant d’abandons ? Vois tes pulsions, ton avide nécessité. Ne me reproche pas d'avouer La souffrance que tu m'imposes Je ne suis pas de ton univers Mais de ton monde invivable et pervers Comment élire la même indifférence ? Faiblesse et déliquescence, ton insensible arrogance ? Nul mot n'est assez dur, et tendre à la fois Reviens au sein du monde, l'homme n'est que ta main Ta cruauté est double et a son envers La bonté refoulée, l'humanité refusée Et il est fort possible que je ne sache plus Désormais te convaincre et toi me comprendre. La horde est barbare toujours, stupide et cruelle Et que faire de cette solitude nouvelle ? Amour humain bafoué Mise à mort la foi des poètes La courbe des obus épouse la nécessité Qu'on ne demande pas l'assentiment de la poésie Ce jargon égoïste et angoissé Aux pieds des prédateurs offert Rêver est indécent quand coule le sang Les mots ont revêtus des armures Et renoncé aux rêves et aux murmures Te souviens-tu, avant le carcan solitaire Comme il faisait bon rire, boire et se plaire Flâner, converser, sourire, acquiescer et se taire Nos coeurs étaient ouverts, la foi sur le visage Qui sommes-nous aujourd’hui ? Des réprouvés d'un autre âge Condamnés aux plaisirs éphémères et sans joie Tu es toujours seul face à ton bonheur qui est sens Mais donner sans recevoir ne comble pas l'absence N'apprend plus, ne lis plus, ne pense plus Jette la lucidité au rebut des rêves déchus Pauvre bête humaine sans coeur et toujours ivre Cruelle, brutale et condamnée à vivre.
Mes mots n'ont plus d'âge pour t'accabler Mais une origine et des heures d'insomnie La mort rôde quand on confond le rêve et la réalité Tout vient de là avec la hargne et la colère Tant d'humanités trahies aujourd'hui à reconquérir Tant d'évidences à redire et de portes à ouvrir De bouches à fermer et d'autres à desceller Va-t-en si tu veux, vexé des vérités premières Mais ton égoïsme est monstrueux et tes mots pervers L'anathème me soulage mais ne lève pas ma peine Il te fallait donner tu as repris la bonté Mise en pièce, travestie, étalée sur le trottoir Il te fallait comprendre tu as répudié les idées Tu veux un avenir et tu perds la mémoire Une tête vide en avant et le coeur muet Tu vends du futur sans avenir Ce n'est pas pour voir la mer que tu construits des buildings Que tu manges mal, sens mal, aimes mal Finalement tu es aussi perdu que je me sens seul Ce squelette mi homme mi bête c'est toi Homme électronique à puce, homme sans peau, déchu Ce pauvre rien, ce vague souvenir qui survit pas même ému.
Tu ne tiens plus à la joie de vivre, fatalement Croyais-tu à ce point à tes rêves, effondrés aujourd’hui ? Je connaîs bien aussi ces lieux où tu erres seul Tu deviens la brute de toi-même, cruel et plaintif Tu t'enroules dans la volupté de souffrir, toujours négatif Tu veux comme un au-delà de toi qui n'existe pas Et ta réalité n'exauce que tes désillusions Mais tu ne sais plus regarder le puits et son lierre Les fleurs, les choses, le ciel, le monde serein Qui vit et qui palpite alors que tu es déjà si loin Parti, dans la sueur, dans la peau, dans ton malaise En des songes où rien ne se fixe que la mort Et la mort te fascine toi, roi des impostures Pour t'accabler tu la convoques sans y croire Tu crois que son fantôme va m’émouvoir ? La vie, tu sais n'échoit qu'à ceux qui y croient Un immense crédit de bonheur s'ouvre en ton coeur Cesse de m'humilier à ne croire qu'aux mirages Ton paraître n'est qu'une basse trahison Tu es perdu dans le dédale de la déraison Ne sais-tu que jamais coeur qui bat ne se trompe Mystique avec raison de la peau qui s'offre Virginale bonté, sève et sang, corps et âme De l'humanité ultime et dernière flamme. Et l'autre n'est-ce toi ou moi?
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